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Ci-dessous, deux textes longs mais intéressants sur l’Aïkido:

Philosophie fondamentale de 5
par Kanaï senseï
La puissance est une nécessité de la survie, elle-même fondée sur les besoins instinctifs de
nourriture et de sexe. Cette capacité à utiliser efficacement cette force est cruciale au
maintient de la vie elle-même. Les recherches sur les techniques de combat, pré-modernes et
modernes, en sont une expression : l’espèce humaine a survécu grâce à sa capacité à utiliser
correctement cette force.
Historiquement, le développement des pratiques martiales a donné naissance à de nouvelles
idées, à des avancées scientifiques, à la civilisation et à la culture actuelles. Le principe de
base du « pouvoir » est profondément enraciné dans la vie elle-même, et il est toujours à la
base de la société humaine telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Le pratiquant d’Aïkido, quelle que soit sa motivation, a choisi cette forme particulière d’art
martial comme « chemin », pour gérer sa vie quotidienne. Partant il pratique avec
dévouement et constance. Certaines personnes tirent profit de cette pratique tandis que
d’autres s’égarent et tombent dans la confusion. Certains abordent la pratique égoïstement
tandis que d’autres l’approchent avec modestie. La pratique reflète nos souffrances et nos
conflits personnels. C’est pourquoi chaque individu a une pratique et une opinion personnelles
de l’Aikido.
L’Aïkido exprime les lois naturelles comme les phénomènes psychologique, sociologique,
physiologique, éthique et religieux. Tous ces éléments se chevauchent, bien que chacun ait sa
propre identité ; ensemble ils constituent ce que nous appelons « Aïkido ».
Si nous recherchons le combat dans notre pratique, nous pouvons parvenir à un pouvoir
extrêmement destructeur voire létal. À l’origine, tous les arts martiaux développaient cette
approche. L’Aikido n’a pas fait exception. Tout art de combat non accompagné d’une stricte
discipline philosophique de vie et de mort n’est rien d’autre qu’un sport de destruction.
Bien que les sports ne traitent pas directement des situations existentielles, ils préconisent
néanmoins certaines valeurs nécessaires à la construction du caractère : le respect des règles,
le respect d’autrui, la sportivité, la tenue vestimentaire et les bonnes manières. Cela devrait
être encore plus vrai et essentiel en Aïkido, qui aborde ces questions. Dans un tel art n’est-il
pas approprié de souligner le besoin d’un Rei digne dans les interactions humaines ? C’est
pour cela que l’on qualifie Rei d’origine et de but du budo.Certaines personnes réagissent négativement devant cette insistance sur la nécessité de
l’étiquette : « elle est ancienne, conservatrice voire féodale », et cela est tout à fait
compréhensible. Mais nous ne devons jamais perdre de vue l’essence de Rei. Les pratiquants
d’Aikido sont particulièrement tenus d’appréhender la raison et le sens du Reigi-saho qui est
une étape importante vers le misogi, le cœur de la pratique. J’espère aborder la question du
misogi dans un prochain article.
Souvent les pratiquants des arts martiaux ont tendance à s’intéresser à la puissance
technique. Ils deviennent arrogants et grossiers, se vantent de leurs réalisations. Ils ont
tendance à faire des déclarations impolies fondées sur l’égoïsme. Ils se perdent dans
l’autosatisfaction. Non seulement ils ne contribuent en rien à l’évolution de la société mais,
leurs attitudes, humainement, sont mesquines et leurs actions puériles.
Avec Reigi-saho, il ne s’agit pas simplement de s’incliner correctement. La base de Reigi-saho
est l’accomplissement du moi intérieur purifié et de la dignité personnelle essentielle au
pratiquant. Si nous acceptons cette façon de penser, la question du Reigi-saho devient
« comment vivre la vie elle-même » ?
Reigi-saho détermine quel état mental et quelle posture physique doivent être la norme en
situation de conflit, que la posture de garde ne devrait pas comporter d’ouvertures…etc.
Ainsi, Reigi-saho trouve son origine dans une confrontation sincère et sérieuse entre la vie et
la mort. Par-dessus tout, Reigi-saho est une expression de respect mutuel dans les
rencontres inter personnelles, un respect envers la personnalité d’autrui. Le point culminant
de l’expérience est l’expression de l’amour pour toute l’humanité : voilà ce qu’est Reigi-saho.
Le respect de l’artiste martial pour soi-même et pour les autres peut facilement devenir
grossier et imparfait ; ainsi l’idée que chaque personne est importante fonctionne comme un
filtre purificateur et permet la sublimation de la personnalité et de la dignité du pratiquant.
Reigi-saho se fond en un tout harmonieux entre le pouvoir et la confiance du pratiquant. Ce
rapprochement établit un moi intérieur pacifique, sûr et stable qui apparaît extérieurement
comme dignité personnelle. Ainsi, se construit une personnalité solidement respectueuse et
indépendante. Reigi-saho est une forme d’expression de soi. Les actions formalisées révèlent
la connaissance et la personnalité globale de l’artiste martial.
Nous, qui essayons d’évoluer dans le cadre de l’Aïkido, devons reconnaître que nous sommes
indépendants : avec une telle conscience de soi aussi profonde nous pouvons bâtir un Rei
hautement poli et fiable. Bref, Reigi-saho, c’est s’asseoir et s’incliner parfaitement et avec
dignité.Cela implique que l’artiste martial montre un soin bienveillant envers ceux qui marchent sur
le même chemin, envers tous ceux qui cherchent à s’épanouir, corps et esprit, avec un
respect sincère pour les autres vies humaines.
Ainsi pour qu’un acte physique soit complet, il doit être l’expression de la personne dans sa
globalité : en bref, une forme exterieure comporte une dimension intérieure ! Pour Reigi
shaho, cela signifie que l’acte vient du cœur (kokoro) ou de l’esprit profond (shin ). Cette
expression, quoique formalisée, représente l’intérieur et l’extérieur harmonisés de la
personne : voilà ce qu’est Saho de Reigi !
Saho (Expression formalisée de Rei)
Reigi-saho, parce qu’il contient des éléments de la vie intérieure devient l’expression simple
du respect pour les autres en éliminant tous les mouvements inutiles et ne laissant aucune
trace d’inattention.
C’est pourquoi, dans le maniement des armes, la procédure la plus sûre et la plus rationnelle
a été formalisée afin de ne blesser personne, ni les autres ni soi-même. En fin de compte, les
mouvements formalisés deviennent un mouvement naturel de l’artiste martial, devenu un
avec son arme. Vous trouverez ci-dessous un aperçu des bases du Saho que je considère
comme des connaissances nécessaires.
1. Seiza (s‘asseoir formellement, style japonais)
De la position debout naturelle, reculez légèrement la jambe gauche (dans certains cas, la
jambe droite), agenouillez-vous sur votre genou gauche tout en restant sur vos orteils.
Agenouillez-vous ensuite sur votre genou droit, en alignant vos deux pieds sur vos orteils.
Asseyez-vous lentement sur les deux talons, tout en redressant les orteils qui vont se
trouver à plat sur le sol ; vous asseoir sur la plante des pieds. Soit vous placez votre gros
orteil gauche sur le gros orteil droit soit vous faites en sorte que les deux gros orteils se
touchent légèrement côte à côte.
Ensuite, placez vos deux mains sur les cuisses, les doigts légèrement pointés vers l’intérieur.
Laissez tomber les coudes très légèrement mais naturellement, en relâchant les tensions de
vos épaules vers le tanden ou le creux de l’estomac. Soulevez votre sternum qui redressera
naturellement votre dos (sans le raidir !), regardez droit devant vous et calmez votre corps
et votre esprit en commençant par une profonde expiration. La largeur de deux ou trois
poings sépare vos genoux.2. Rei devant le Kamiza (salut devant l’autel principal)
À partir de la position seiza, faites glisser les deux paumes sur le sol devant vous de 30 cm
environ, en forme de triangle, puis inclinez-vous en abaissant lentement et silencieusement
votre visage vers le centre du triangle. Ne soulevez pas les hanches, n’arrondissez pas le dos;
il est important de plier le corps au niveau de la taille, en gardant le dos plat autant que
possible. Après une brève pause, levez graduellement la tête inclinée, en ramenant les deux
mains en même temps. Remettez les dans la position initiale et regardez droit devant vous.
3. Rei envers ses camarades
À partir de la position seiza, faites d’abord glisser lentement votre main gauche vers l’avant,
puis la main droite ; placez-les sur le sol à environ 30 cm devant vous, formez un triangle.
Pour revenir, ramenez votre main droite tout en relevant le corps, puis la main gauche et
reprenez la position d’origine.
4. Rei envers les enseignants
Observez la même étiquette que ci-dessus pour vous incliner devant votre professeur. Se
souvenir que l’élève doit incliner la tête avant le professeur et ne la relever qu’après lui.
N’oubliez pas que cette inclinaison exprime votre état de préparation mentale.
5. Se lever à partir de la position seiza
Accrochez d’abord vos orteils, commencez à vous lever en déplaçant le pied droit (ou le pied
gauche) d’un demi-pas en avant. Continuez lentement et tranquillement (sans autre appui
que vos jambes), ramenez le pied droit (ou le pied gauche) de façon à retrouver une position
naturelle.
6. Saho en tenant l’épée (s’applique également à d’autres armes telles que le bokken, le jo,
etc.)
L’épée est normalement placée sur un support, la poignée (tsuka) sur votre gauche et le
tranchant vers le haut. (Le côté de l’épée ainsi vu est appelé « le devant de l’épée ».) La
disposition peut être inversée par sécurité en cas d’urgence.
(a) Rei à l’épée (debout)
Retirez l’épée de son support avec votre main droite en saisissant le fourreau près de la
garde (tsuba), le pouce droit appuyé sur la garde, la poignée sur votre droite. Ouvrez votre
paume droite, tranchant vers le haut, tandis que le pouce de la main gauche, paume en-
dessous, maintient le fourreau près de la pointe. L’épée doit être tenue à hauteur des yeux.L’inclinaison se fait lentement à partir de la taille, le dos bien plat. L’épée est légèrement
élevée pendant le salut.
(b) Rei au Kamiza (debout)
En position debout, la main droite saisit le fourreau, l’index sur la face arrière, orienté vers
la pointe de l’épée. Tenez l’arme près du côté droit, au niveau de la hanche, la pointe
tournée vers l’avant sous un angle de 35 degrés. Tenez-vous droit et, pieusement, inclinez-
vous devant le Kamiza, de 45 degrés environ, menton avancé.
(c) Rei devant le Kamiza (assis)
Asseyez-vous en Seiza. Placez l’épée sur le sol sur le côté droit de votre corps, le tranchant
vers vous, parallèlement au corps. Faites glisser les deux mains simultanément de vos cuisses
vers le sol et inclinez-vous devant le Kamiza.
(d) Rei envers ses camarades et professeurs (assis)
La même procédure que ci-dessus, mais poser la main gauche sur le sol en premier en
s’inclinant puis ramener la main droite en premier en se redressant.
Ceci conclut la description des bases minimales du Reigi-saho. La brièveté des explications vise
à éviter toute confusion possible, mais elle peut également avoir conduit à un manque de
clarté et de rigueur. Si je n’ai pas été assez généreux en écrivant ma description de Reigi-
saho, alors j’espère que vous me pardonnerez et que me laisserez une chance de vous en
apprendre davantage une autre fois….
Voici la définition donnée par l’encyclopédie des Arts Martiaux de Habersetzer, Amphora
Reigi-saho :
Comportement (saho) exprimant la politesse et la courtoisie (reigi), au dojo, comme dans
n’importe quelle activité de la vie quotidienne. Il s’agit d’une attitude empreinte de respect
envers autrui et réglée dans les Arts Martiaux traditionnels japonnais (Budo) par les
dispositions immuables d’une étiquette (rei-shiki). Le salut (rei) n’est que l’une des
expressions de cet état d’esprit de l’authentique budoka.

Aïkido technique
Par Mitsunari Kanai, 8th Dan, Shihan

Instructeur en chef de New England Aikikai (1966-2004)
Méthodes de formation ou la Transmission
L’un des problèmes, le plus fondamental, chronique et, probablement inévitable de la
formation en l’AIKIDO, serait que l’entraînement puisse être réduit à un exercice facile,
fondé sur un compromis excessif entre les partenaires, Tori (celui qui agit, nage) et Aïte
(Uke, celui qui reçoit). Ce problème se poserait parce que les pratiquants fonderaient leur
entraînement sur des philosophies et des théories sincères mais inexactes… ?.
Pour que l’on comprenne l’importance du sens de l’harmonie dans ce contexte spécifique, j’en
donnerai une brève explication. Gardez à l’esprit que je ne couvrirai qu’une infime partie des
significations et des aspects de cette notion.
Tout d’abord, il est important de savoir que l’harmonie est un élément central pour
l’AIKIDO. Elle implique celle de l’univers entier avec chaque existence. En termes, mentaux et
physique, elle signifie simplement que chacun devrait mettre l’accent, avec la même intensité
et simultanément sur chacun plutôt que de se concentrer sur l’un puis l’autre. En termes
physiques, l’harmonie a une signification technique qui se référe à la manière d’utiliser le
corps dans sa globalité.
Il est nécessaire de s’approprier ce sens technique de l’harmonie dans une situation
conflictuelle (entraînement y compris) : soi et l’autre, de manière à synchroniser l’adversaire
avec soi-même. L’harmonie ne signifie pas s’entendre avec les gens sur la base du plus petit
dénominateur commun ou créer un accord sans respect des lois de l’univers afin d’éviter une
confrontation et maintenir un environnement facile à vivre.L’harmonie, en AIKIDO, n’implique surtout pas de compromettre ou de diluer les réalités
opposées. Une telle approche sacrifierait l’essence de la pratique, éroderait les normes
comportementales, partant, dévaloriserait l’INDIVIDU ! Au contraire, l’harmonie, telle que
l’AIKIDO la conçoit rassemble les différences, même opposées, et les intensifie au point de
tout améliorer….
On entend souvent dire que l’AIKIDO permet aux hommes, aux femmes, aux adultes, aux
enfants, aux personnes âgées et aux jeunes de pratiquer ensemble. C’est vrai….
Il est également vrai, mais plus rarement dit, qu’il est possible d’avoir une pratique très
exigeante des techniques martiales.
L’étendue, l’inclusivité de l’Aïkido ne signifie pas que sa pratique soit facile ni que ceux qui se
consacrent à développer des techniques de combat acharné soient moins légitimes que les
autres….
Le résultat de ces erreurs, semble être à l’origine du problème majeur de la transmission, à
savoir que de nombreux techniciens n’ont pas pu établir une méthode appuyée sur la
compréhension fondamentale qu’est l’utilisation du corps pour produire, appliquer et recevoir
l’énergie. Je propose ici une théorie sur la façon d’utiliser le corps correctement. Il me
semble nécessaire d’explorer en détail cette logique. Il conviendrait que les principes physiques
remplacent les explications abstraites généralement avancées, en Aïkido comme en d’autres
arts martiaux….
Le pratiquant doit comprendre comment la physiologie, la structure même du corps, donne
naissance à ces principes de fonctionnement optimal. La justesse d’un mouvement devrait
être uniquement fondée sur ce critère-ci : le mouvement utilise-t-il toutes les parties du
corps de la manière la plus cohérente possible ? La compréhension d’une telle attitude
fondamentale devrait précéder toutes explications spécifiques.
Les arts martiaux ont en général des règles pour définir l’utilisation de la structure physique
dans les situations de combat. L’AIKIDO, qui vise une approche plus large, devrait avoir un
ensemble de principes encore plus précis. Une technique spécifique fondée sur ces principes
utilisera chaque partie du corps, organisée et séquencée de manière à optimiser une
génération d’énergie. S’il en est ainsi, la technique sera correcte et “fonctionnera”. Le fait
de n’avoir pas compris cela et de ne pas l’appliquer rend les techniques trop souvent
inefficaces. (2)
La pratique de l’AIKIDO devrait reposer uniquement sur ce principe ; cela ne compromettrait
pas l’efficacité maximale puisqu’elle découlerait de la physiologie. Fort de cette conviction, lepratiquant pourrait facilement déterminer lui-même si sa recherche, qui peut sembler fluide
et correcte, l’est effectivement…
L’incapacité à comprendre le principe d’un mouvement efficace a d’autres implications : les
principaux groupes de techniques (projections, immobilisations, frappes) semblent actuellement
manquer de cohérence théorique et apparaissent trop distincts les uns des autres. Je ne
propose pas d’enfermer l’AIKIDO dans un moule rigide, bien au contraire, je suggère qu’il
faudrait sortir du moule existant, un moule fait de mauvaises habitudes formalisées. Le
résultat de ces mauvaises habitudes est facilement observable dans une grande partie de ce
que l’on appelle aujourd’hui la pratique « officielle ».
Définition de l’AIKIDO comme technique de combat (1)
Il est important de savoir que l’AIKIDO s’appuie sur une philosophie et des concepts qui vont
au-delà du BUDO. Le BUDO est un sous-ensemble de l’Aïkido, mais l’AIKIDO n’est pas un
sous-ensemble de BUDO. Par conséquent, le développement de la technique en AIKIDO sous
une forme complète comprend, en plus des principes de combat qui seront discutés ici,
d’autres éléments tels que le KI (et ses éléments constitutifs), KOKYURYOKU (puissance
respiratoire) et fonctions spirituelles.
Ces aspects seront abordés dans un futur article. Pour le moment, il est plus important de
clarifier la question des éléments physiques qui fournissent une base nécessaire sur laquelle
construire une compréhension plus abstraite.
BUGEI signifie « techniques de combat » pour faire face à un adversaire qui attaque. Plus
que cela, les techniques de BUGEI visent à dominer physiquement l’adversaire afin de le
contrôler.
BUGEI a une méthodologie et des principes.
BUJUTSU est un système d’organisation et d’amélioration continuel de tous les aspects de
BUGEI. Le BUGEI de l’Aïkido se caractérise par l’application, aux techniques de combat, de
deux principes fondamentaux :
• le Principe du Corps Unifié (Ki)
• et SOTAI KANKEI (la relation conflictuelle entre soi et l’adversaire).
L’application de ces principes physiques permet d’utiliser efficacement n’importe quelle
technique.BUJUTSU NO HOUSOKU
Ce principe de BUJUTSU exige que toutes les techniques et tous les mouvements, ainsi que
tous les éléments de BUJUTSU soient appliqués avec une exactitude totale. Leur efficacité
est déterminée par leur application
• au bon moment,
• de la bonne manière

et avec la bonne quantité d’énergie.
C’est ainsi que BUGEI inclut vitesse et puissance.
La puissance est l’émergence de l’énergie utilisée pour atteindre un objectif. La vitesse peut
créer de l’énergie et l’énergie peut remplacer le manque de vitesse. La vitesse peut créer un
véritable pouvoir destructeur : lorsqu’un vent d’ouragan souffle, une paille peut pénètrer un
mur. Inversement, même avec lenteur, une force suffisante peut traverser ce même mur.
L’efficacité dépend de leur application correcte à la lumière des conditions particulières.
Ainsi, BUJUTSU NO HOUSOKU peut être défini comme une activité déterminée pour gérer
une relation conflictuelle afin de se placer dans la situation la plus avantageuse du moment.
BUJUTSU NO HOUSOKU est la conséquence de la réalisation et du maintien du contrôle sur
un adversaire en utilisant les quantités minimales :
• de mouvement
• de ma-ai
• et de puissance.
Ce BUJUTSU NO HOUSOKU fonde à la fois les techniques d’AIKIDO et, en les gardant à
l’esprit, les définitions et descriptions très précises qui peuvent être générées.
Il existe trois exigences clés :
1. maintenir une posture, stable et souple,
2. entrer dans SHIKAKU
3. utiliser consciemment le corps pour éviter la confrontation directe avec l’attaque.
● La première exigence est une « bonne » posture. Elle permet de générer toute la
puissance dont nous sommes capables, d’exécuter des mouvements précis, rapides, en
attaque ou en défense.
● La deuxième condition est d’entrer dans le SHIKAKU, c’est-à-dire « l’ouverture »,
« l’angle mort » de l’adversaire ; son point faible de l’adversaire est aussi l’endroit où
l’on peut préserver sa propre intégrité.
● La troisième exigence consiste à utiliser le corps de manière à éviter les collisions :
opposition directe des forces ou des mouvements. Pour être efficace dans la gestiond’une relation conflictuelle, il faut utiliser la force ou le mouvement de l’adversaire
avec la quantité minimale requise de son propre mouvement et de sa propre puissance
pour faire évoluer la situation à son propre avantage.
L’opposition directe des forces ou des mouvement augmente nécessairement l’effort requis et
gaspille l’énergie. Lorsque deux sources de puissance ou de mouvement entrent en opposition
directe, la plus grande l’emportera, résultat contraire aux objectifs de l’Aïkido ! La capacité
de contrôler les mouvements afin d’éviter l’affrontement nécessite une pratique répétitive et
continue sur une longue période de temps jusqu’à ce que cette approche devienne une
habitude fortement ancrée.
Si les pratiquants d’Aïkido se consacraient sans réserve à se concentrer sur ce sujet,
BUJUTSU NO HOUSOKU surgirait et grandirait automatiquement et naturellement….
A l’exposé précédent il faut ajouter que BUJUTSU, outre qu’il s’appuie sur des principes
fondamentaux et inaltérables, est capable de s’adapter à toutes les circonstances, sans
formalisme. En cela, il y a de la place pour les KICHI (sensations, sagesse, intelligence,
astuces) qui ne correspondent pas nécessairement à des principes prédéterminés.
Ceux qui s’entraînent suffisamment pour développer et maîtriser BUJUTSU NO HOUSOKU
généreront également du KI et ses éléments, dont KAN (intuition) et KICHI. Cela permet
d’aborder des éléments mentaux et spirituels évoqués par « guider avec le « KI » et la
capacité de « percevoir » le mouvement de l’adversaire (même quand il est derrière soi !).
KICHI, cependant, comporte deux aspects. Sa forme supérieure ne peut se développer que
grâce à un niveau élevé d’entraînement qui crée des compétences appuyées sur les principes
fondamentaux. Ceux qui ont vraiment maîtrisé BUJUTSU NO HOUSOKU peuvent déployer
une forme très élevée de KICHI.
Il existe une autre approche de KICHI qui pourrait éventuellement (bien que grossièrement)
être considérée comme BUGEI. C’est SUTEMI (l’astuce) dans laquelle on tente de se dégager
en faisant un geste qui surprenne l’adversaire. Bien que cette technique suive certains des
principes du BUDO, elle en ignore certains autres, comme la posture et l’équilibre.
La technique SUTEMI peut être classée comme technique de combat, mais comme elle
n’inclut pas tous les aspects et éléments de BUJUTSU, elle ne doit pas être considérée
comme complète. C’est précisément pourquoi SUTEMI n’est pas incluse dans les pratiques
d’AIKIDO.L’AIKIDO exprime pleinement BUBI (la connaissance parfaite des arts martiaux), y compris
les nombreux aspects tels que la précision des techniques, le sens de la stabilité et l’élégance,
justement parce qu’il intègre tous les éléments essentiels de BUJUTSU NO HOUSOKU.
Sur cette base théorique, je voudrais maintenant aborder la pratique.
Principe du mouvement corporel (UNTAI NO GENRI)
Une grande proportion des mots généralement utilisés pour la description technique accorde
une trop grande importance au jeu de jambes. Certaines expressions courantes comme le
mouvement pieds/jambes (HAKOBIASHI), le jeu de jambes (ASHISABAKI) et le piétinement
(ASHIBUMI) sont trop restrictives….
L’aspect important d’une technique ne réside pas uniquement dans le mouvement des pieds
et des jambes. Lorsqu’un mouvement dépasse une certaine vitesse, il est impossible aux pieds
et aux jambes de suivre le rythme. (Le mouvement dans l’obscurité où il est nécessaire de
sentir son chemin est une exception à la règle.) Les mouvements du corps proviennent
naturellement du KOSHI, la plus grande masse corporelle. (Le KOSHI
inclut toute la zone
de la hanche et des fessiers.)
Le centre du KOSHI, le TANDEN, est aussi le centre du corps. Pour que l’être humain
conserve un bon équilibre, le KOSHI, et la tête (qui est la deuxième grande masse du corps),
doivent être verticalement alignés. Lorsque les poids de la tête et du KOSHI perdent leur
alignement, la posture se déséquilibre et doit être corrigée (souvent très subtilement) en
déplaçant le KOSHI et les jambes vers une nouvelle position. Cette adaptation permanente
rend possible l’exécution de mouvements complexes. Il est important de comprendre la
relation entre la tête et le KOSHI.
Comme cette relation peut devenir très complexe, une explication détaillée est reportée à
plus tard. Pour l’instant, quand nous utiliserons le vocable « KOSHI » il faudra comprendre
« la tête et le tronc », c’est-à-dire le poids total du haut du corps qui repose sur le
KOSHI.
Ce poids se divise en deux moitiés en appui sur les jambes et les pieds. Ainsi, lorsque le
KOSHI bouge, le poids se déplace automatiquement. Il en résulte un mouvement des jambes
et des pieds puis un mouvement de l’ensemble. Si le transfert de poids est lent, la réaction
des jambes sera lente également. Inversement, si le transfert de poids est rapide, la réponse
sera également rapide, que l’on s’en rende compte ou pas…. Si l’on souhaite effectuer des
mouvements raffinés, il est important de prendre conscience de la fonction du KOSHI et del’utiliser pleinement. Les mouvements de base vers l’avant et vers l’arrière peuvent en
fournir quelques exemples.
Considérons un mouvement vers l’avant : Commençons par CHOKURITSU SHIZENTAI, c’est à
dire une posture naturelle debout où le poids du KOSHI repose sur les deux jambes de
manière équilibrée. Si l’on déplaçait le KOSHI vers l’avant, le corps s’effondrerait vers l’avant
(à moins que la tête ne soit tirée vers l’arrière !). Pour contrôler ce déséquilibre une jambe
aura tendance à avancer. Une répétition en douceur de cette séquence crée un mouvement
vers l’avant, en douceur, du corps dans son entier (ZENSHIN UNDO). Inversement, si de
CHOKURITSU SHIZENTAI on tirait le KOSHI vers l’arrière, le corps s’effondrerait vers
l’arrière à moins qu’une jambe ne recule….
Si de CHOKURITSU SHIZENTAI on devait déplacer le KOSHI vers la droite, le corps
s’effondrerait à droite. Afin de maintenir son équilibre, la jambe droite se déplacerait vers
l’endroit où le KOSHI se serait déplacé. Si l’autre jambe suivait, cela créerait un mouvement
de déplacement latéral.
Prenons un deuxième exemple à partir CHOKURITSU SHIZENTAI. Si l’on tournait le KOSHI
vers la gauche, il devient évident que le KOSHI ne se déplacerait que jusqu’à un certain point
si l’on ne faisait pas pivoter les pieds. Continuer à tordre le KOSHI plus à gauche, au-delà de
ce point, ferait que la pointe de l’orteil commencerait à se déplacer dans la même direction.
Finalement, une fois le KOSHI tourné et les pieds pivotés le plus loin possible, les orteils et
le KOSHI finiraient par pointer dans (presque) la même direction. (Notez que la “direction”
du KOSHI est celle du TANDEN).
Cela est particulièrement vrai pour la jambe arrière (dans cet exemple, la jambe droite). Par
conséquent, tout le corps s’orienterait vers la gauche et se créerait automatiquement la
posture naturelle gauche (HIDARI SHIZENTAI).
Considérons un troisième exemple à partir d’une position SEIZA (assis). Depuis SEIZA, on
commence à se lever en s’asseyant d’abord sur les orteils puis tout en gardant les genoux au
sol, à élever le KOSHI. On peut alors facilement se déplacer vers le haut en étirant la
colonne vertébrale et les muscles du dos : apparaît une posture dans laquelle trois parties du
corps ont déplacé le KOSHI vers l’avant ; la jambe droite avance alors et son genou à la
verticale du pied. Se forment des angles à 90 degrés : l’angle intérieur du genou droit,
l’angle intérieur du genou au sol et l’angle extérieur de la plante du pied (qui est déjà alignée
verticalement sur ses orteils) et celui du talon (y compris le tendon d’Achille). Si la pointe
des orteils pointent dans la même direction que le KOSHI, alors, en se tenant debout, laposture de base sera la suivante : le genou droit sera légèrement plié et la partie inférieure
de la jambe (en dessous du genou) verticalement alignée. La jambe arrière devra être étirée
afin de fonctionner comme un étai (SHINBARI BO). Enfin, le haut du corps (au dos étiré)
doit être aligné sur le KOSHI de sorte que les deux jambes supportent uniformément le
poids. Quand on vient de terminer l’exécution d’une technique, on devrait être dans cette
posture….
Une autre caractéristique, la plus critique, concerne la position debout, surtout à la fin d’une
technique quand on projette la puissance maximale vers l’adversaire. Si la jambe avant devait
parcourir une grande foulée (il y aurait un grand écart entre les pieds avant et arrière), il
serait facile d’abaisser immédiatement un genou au sol dans une position forte.
Ainsi, lorsque l’on veut utiliser une technique dynamique en un mouvement rapide d’une
position debout à une position très basse
(un seul genou à terre), il est important qu’il y
ait une distance adéquate entre les pieds.
Dans tous ces exemples, nous voyons que les mouvements du corps sont déclenchés par un
mouvement du KOSHI qui provoque un déplacement du poids, puis, si l’équilibre est à
rétablir, conduit nécessairement à un mouvement de compensation des jambes et des pieds.
C’est le principe du mouvement corporel (UNTAI NO GENRI)
Relation entre les articulations et la puissance
En examinant ce sujet, nous pouvons commencer à comprendre l’aspect physique de l’Aïkido
et, en se concentrant sur la nature du corps, comprendre le concept « d’unification du corps
et de l’esprit ». Ce concept souffre d’être très vague. Dans le passé, l’accent a été mis sur
l’aspect mental, principalement avec l’expression « comment utiliser le KI »
pour compenser
les contradictions nées de l’apparente incohérence entre la variété des attaques, des
techniques d’immobilisation et de projection. Je suis convaincu qu’une analyse approfondie de
votre pratique fera apparaître une logique claire et efficace.
Si nous utilisons la logique du corps comme base de recherche, nous clarifierons la
compréhension du concept d’unification et échapperons aux ambiguïtés dans la plupart des
cas. Pour acquérir cette compréhension profonde de l’Aïkido, vous devez apprendre à utiliser
votre « tout-soi ». En termes physiques, vous devez utiliser votre corps tout entier pour
pratiquer. Comme les articulations sont les structures qui relient les différentes parties du
corps, nous devons toutes les utiliser.Un mouvement articulaire approprié et flexible peut adoucir ou éviter une collision avec
l’adversaire. Chaque articulation a une amplitude de mouvement qui, si elle est associée à
celle des autres articulations, y compris celles de la hanche, donne, par ajustement mutuel,
d’un instant à l’autre, une grand flexibilité au corps qui sera d’autant plus souple qu’il y
aura d’articulations en jeu….
Les muscles et leurs tendons produisent de l’énergie. Lorsqu’ils sont utilisés de manière
consciente, la puissance créée est nécessairement proportionnelle au nombre de muscles
activés. Cette puissance se manifeste si l’articulation est libre. Si cela est vrai pour une
articulation, pourquoi ne pas en utiliser deux, trois voire davantage ? Plus on utilise
d’articulations, plus grande sera la puissance transférée à l’adversaire….
L’utilisation consciente de plusieurs muscles, avons nous dit, produit une puissance
nécessairement proportionnelle au nombre de muscles utilisés. Examinons cette affirmation en
scrutant plus en détail la technique conventionnelle CHU-DAN-I-TSUKI (attaque de niveau
moyen).
Lorsque vous essayez de frapper un objet situé devant vous, vous écartez vos jambes,
légèrement plus que pour SHIZEN-TAI (posture debout naturelle) et abaissez vos hanches.
Vous placez votre poing droit à la taille, vous étendez votre main gauche tout droit devant
vous, puis vous la tirez rapidement vers la taille gauche. La réaction de ce mouvement rapide
du poing gauche vers l’arrière, vous conduit à frapper du poing droit vers l’avant au niveau
de la taille. Juste avant que le coude droit ne s’étire complètement, vous tournez le poing
vers l’intérieur. Au moment où vous touchez l’objet vous serrez simultanément tous vos
muscles (du poing et du corps) et, grâce à la rétention du souffle, vous fournissez un
maximum de puissance.
L’analyse de cette frappe, montre clairement, que s’ajoute à la puissance de réaction du coup
de poing gauche et à celle de la torsion du poing droit, la puissance de l’articulation du coude
et, dans une moindre mesure, celle d’une légère torsion de la hanche.
Ce CHU-DAN-I-TSUKI de base pourrait être envisagé autrement : la puissance des nombreux
muscles de l’articulation du coude est convertie en vitesse qui, à son tour, est convertie en
force de frappe. Cette force (ou pouvoir de collision) est transmise à la cible lorsque vous
vous appuyez sur un corps stable.
Cependant, ce CHU-DAN-I-TSUKI de base n’est pas, dynamiquement parlant, une technique
parfaite. En fait, si la posture peut être maintenue lorsque vous frappez un objet, cela
signifie que la production de puissance est faible, et que la quantité de puissance transmiseest également faible. Sans l’utilisation du corps tout entier pour générer de l’énergie, on ne
peut jamais saisir la logique de l’Aïkido.
En d’autres termes, cette approche limitée est contraire à l’AIKIDO car le mouvement final
n’est ni lié au KI ni à la libération de la puissance. Peu d’articulations et peu de muscles y
sont utilisés en raison de la faible utilisation du KOSHI. En outre, la rétention de la
respiration pendant le mouvement entraîne une rétention de la puissance par des muscles
crispés.
Inversement, la libération du souffle permet une détente des muscles. Par conséquent, la
libération de la respiration entraîne la libération de la puissance donc celle du KI. Je
l’expliquerai
plus
en
détail.
Ce
CHU-DAN-I-TSUKI
devrait
se
pratiquer
en
utilisant
l’articulation du coude, la petite torsion de la hanche et tout le poids du corps. Pourtant la
torsion de la hanche et le déplacement du poids ne peuvent pas être appliqués efficacement
tant le déplacement est court ; le pied arrière n’est pas utilisé. Pour exécuter cette
technique en incarnant la logique de l’Aïkido, on procédera ainsi :
Imaginons quelqu’un en HIDARI HANMI (HANMI gauche), le mouvement devra commencer
par une rotation de la hanche vers la droite. Ensuite, pendant l’inversion du mouvement vers
la gauche, la puissance de rotation de la hanche devra être transférée à la puissance de
rotation de l’articulation de l’épaule, à la puissance de rotation de l’articulation du coude
ainsi qu’à la puissance d’étirement du bras. Enfin, en utilisant simultanément la vitesse de ce
mouvement, tout en appliquant une fermeture du poignet, en mettant le poids du corps sur
le pied gauche (qui devient le pied arrière), utilisé comme appui, frapper : le déplacement du
poids, la rotation des articulations et la vitesse seront convertis en une forte puissance
d’impact.
L’étude de la respiration illustre également deux approches de cette technique. Retenir la
respiration a tendance à maintenir les muscles tendus plutôt que détendus alors que la
libération du souffle favorise une détente des muscles et leur capacité à générer plus de
puissance et donc à libérer plus de KI. Le pied arrière (pied gauche) doit être suffisamment
allongé pour devenir une “jambe de force” au moment de l’impact. Pour le bras droit, le
coude doit être orienté vers le bas et le côté paume du SEI KEN (poing de base) doit l’être
vers le haut, bras en extension….Si la posture est maintenue correctement, ce CHU-DAN-I-
TSUKI peut logiquement dégager une puissance instantanée beaucoup plus grande que le CHU-
DAN-I-TSUKI conventionnel. Il permet de maintenir un équilibre suffisant malgré la puissance
de réaction générée par l’impact. La torsion inversée des hanches, point de départ du
mouvement convertit
en puissance la vitesse du mouvement rotationnel de l’ensemble desarticulations du corps et, accompagné par une pression suffisante sur le sol (en utilisant la
jambe arrière comme appui) convertit également la force de gravitation en puissance pendant
le déplacement. Enfin, il convertit en KOKYU RYOKU (puissance du souffle libéré), de
manière ordonnée et consciente, la compression de l’air inspiré.
Il s’agit de la manière la plus pratique et la plus proche de celle de l’Aïkido de produire de
l’énergie.
Les projections et les immobilisations
Pour les expliquer plus profondément, il est important de comprendre que la moitié
inférieure du corps utilise deux types de mouvements et produit deux types d’effets
différents :
✔ le mouvement circulaire horizontal appelé torsion et torsion inverse du KOSHI,
✔ et un mouvement horizontal vers l’avant, créé par le déplacement du corps lorsque le
pied avance. Cette action, produite par la moitié inférieure du corps, transmise
aux
articulations de l’épaule, génère une force centrifuge qui, à travers l’étirement et la
rotation du coude, est convertie en puissance fournie au poignet.
Ainsi, différents types de puissance sont produits dans le haut et le bas du corps, il est
important de garder à l’esprit que le bas du corps, produit généralement de la puissance à
partir de mouvements horizontaux, et que le haut en produit à partir de mouvements
verticaux.
Cette interprétation peut être appliquée directement à IRIMI. Il est absolument nécessaire
que vous organisiiez vos pensées dans ce sens et que vous les appliquiiez à votre recherche.
J’ai écrit plus haut que, théoriquement, la puissance générée par un mouvement est
proportionnelle au nombre d’articulations impliquées. En réalité, si un certain nombre de
forces uniques, sont produites en diverses parties du corps et sont réunies, leur combinaison
génère plus que la somme mathématique (ou valeur totale de la puissance), de chaque
puissance produite par chaque articulation et ses muscles associés. Cela peut être appelé un
effet synergique. Utiliser son propre corps pour produire cette synergie est le point clé de la
pratique en AIKIDO.
J’espère que cette explication le montre clairement et j’estime qu’une logique concrète, qui
dépasserait les concepts passés, puisse être appliquée à La pratique. Si cette logique est
utilisée comme base d’analyser du mouvement, il n’y a plus d’ambiguïté dans l’explication; il
n’est plus nécessaire de s’appuyer sur les aspects dits «mentaux» pour expliquer l’Aïkido.Dès lors que l’AIKIDO est expliqué logiquement et physiquement, il est alors possible
d’étendre l’explication aux niveaux mental et spirituel et de procéder à une explication claire
du KI. Tant qu’il existe une ambiguïté en ce qui concerne l’utilisation rationnelle du corps, il
n’est pas possible de comprendre les nombreux aspects de l’Aïkido ni son lien avec le KI.
Lorsqu’une technique contient les caractéristiques conformes à la logique physique décrite ci-
dessus, alors on peut clairement affirmer qu’il s’agit d’Aïkido. En raison de cette logique,
l’Aïkido rend possible l’utilisation des armes et, au-delà des techniques d’armes, une
exploration illimitée d’applications.
Ukemi
Je n’aborderai pas ici la complexité de la défense en général; je limiterai ma discussion à la
relation d’Aïte (Uke, le «partenaire» qui subit) à Tori (Nage, celui qui applique la technique)
en me concentrant sur la façon de tomber ou d’être projeté. Même lors de cet examen
limité, nous devrons identifier plusieurs questions clés.
Premièrement, il faut comprendre l’attitude mentale de ceux qui poursuivent une forme
authentique de “Bu” (arts martiaux). Pour développer une approche correcte de l’ukemi, il
est indispensable de maîtriser les formes d’ukemi appropriées à chaque type de techniques :
recevoir toute la puissance de Tori et la rendre la plus douce possible.
Description de l’ukemi.
Il ne faut pas oublier que les bases de l’apprentissage de l’ukemi exigent de s’entraîner à
exécuter tous les types de chute avec un corps flexible, un esprit vif et un jugement précis
de la situation. Il est également essentiel d’abandonner une relation de dépendance voire de
complaisance envers Tori.
Ce nouveau comportement contient plusieurs implications. Aïte ne doit pas tomber si la
technique de Tori ne fonctionne pas. La technique d’Aïte ne doit pas dépendre de
l’hypothèse que Tori est gentil ou qu’il n’exploitera pas toutes les options, y compris celles
donner des coups de pied ou de frapper Aïte, s’il y a des ouvertures. Durant l’entraînement
polir sa propre technique et celle de son partenaire, et en même temps maintenir une
attitude aussi sérieuse et stricte que face à un ennemi véritable. C’est la base d’une saine
relation qui évolue vers des niveaux plus élevés, justifiés par un engagement mutuel de chaque
partenaire à polir son Aikido.Koho Kaiten ukemi (chute arrière)
Les exigences de base d’une roulade arrière sont de pouvoir chuter sans se blesser lorsque l’on
est projeté et, plus important, de toujours retenir que l’élément le plus dangereux dans une
situation martiale est votre adversaire !. Vous devez pratiquer avec la conviction que la ligne
de fond du Bujutsu (arts martiaux) est de vous protéger de l’adversaire en toutes
circonstances et à tout moment.
Cela impose certaines exigences. Leur méconnaissance peut entraîner des conséquences
désastreuses pour la pratique. On observe fréquemment ce défaut dans la chute arrière. Aïte
commence son Koho Kaiten en reculant la jambe intérieure (c’est-à-dire la jambe la plus
proche de Tori), en pliant le genou jusqu’à ce qu’il touche le sol. Aïte pose ensuite les fesses
sur le tapis, roule vers l’arrière puis vers l’avant tout en posant le même genou sur le tapis
et enfin se lève.
Pratiquer une roulade arrière de cette manière prouve une inconscience des dangers aigus
inhérents à tous ces mouvements effectués devant l’adversaire. De plus, abaisser le genou
intérieur au sol après avoir reculé de cette façon montre une négligence potentiellement
mortelle due à l’exposition au danger.
Quels sont ces dangers ? Tout d’abord, vous devez envisager que reculer avec la jambe
intérieure vous expose à un coup de pied et entraîne une perte de mobilité.
Poser le genou avant de tomber conduit, après la chute, à rouler vers l’avant, donc
directement devant l’adversaire. C’est la preuve que l’on agit comme si l’on était seul,
situation diamétralement opposée à la situation martiale, où l’on est complètement impliqué
par
l’adversaire,
et

ses
actions,
pour
être
correctes,
doivent
reconnaître
cette
interdépendance. La seule exception à cet impératif serait justifiée par la pratique dans
l’espace restreint d’un Dojo. Reculer tout en s’agenouillant et en plaçant la fesse devant le
partenaire
s’appelle
“Shini-Tai”,
un
“cadavre”
ou
“un
corps
sans
défense”
et,
par
conséquent, est une position dans laquelle vous ne pouvez pas vous protéger. Tant que Tori
ou Aïte fondent leur approche sur une relation indépendante l’uns de l’autre, les hypothèses
sous-jacentes à leur pratique seront incohérentes avec les situations martiales. Parce que
l’Aikido est un art martial, on ne peut en ignorer les règles sans compromettre sa nature
essentielle.
Néanmoins, beaucoup de gens ont pratiqué ainsi une forme frelatée qui ne devrait pas être
appelée Aïkido, vidé qu’il est de son caractère essentiellement martial. Dans une telle
perspective, l’Aikido se réduit à un jeu stérile, dans lequel on ne peut jamais produire ousaisir quoi que ce soit de la réalité. Par conséquent, lorsque vous effectuez ukemi, ne reculez
pas avec la jambe la plus proche du partenaire ! Et ne posez pas le genou en tombant !
Quelle est donc la bonne façon de gérer Koho Kaiten ukemi ?
Fondamentalement, vous devez faire un grand pas en arrière avec la jambe extérieure et plier
ce genou de sorte que le pied continue de toucher le tapis. Ensuite, posez la fesse du même
côté, chuter en roulant sur l’épaule intérieure, retournez-vous, relevez-vous, prenez vos
distances en faisant face au partenaire. Selon la technique particulière reçue de Tori, il peut
être opportun de rouler par-dessus l’épaule extérieure (tout en reculant toujours avec la
jambe extérieure). Dans tous les cas, pour effectuer un ukemi arrière correct, vous devez
utiliser toute l’élasticité des jambes. En Aïkido, le “pouvoir élastique” (ou “pouvoir de flexion
et d’étirement”) est une méthode de base à privilégier pour produire de la puissance ou pour
atténuer celle reçue d’un adversaire.
Dans le cas de l’ukemi arrière, ce n’est qu’en utilisant la force élastique de la jambe arrière
après l’enroulement du corps que vous pouvez créer l’élan nécessaire à vous relever. Vous
devez utiliser le tendon d’Achille et le muscle ischio-jambier (ainsi que pour tous les autres
Zenpo Kaiten ukemi = ukemi avant). Faites un pas en avant avec la jambe extérieure, c’est-
à-dire avec les muscles et les tendons en dessous de la hanche afin de créer de la puissance
lorsque vous êtes projeté.
Si, par exemple, la jambe droite est la jambe extérieure, étendez le bras droit vers l’avant,
pointez les doigts vers l’intérieur, courbez le bras droit. Faites en sorte que l’extérieur du
bras incurvé touche le tapis moelleusement et faites rouler tout votre corps vers l’avant,
dans l’ordre, l’épaule droite, le dos incurvé et la hanche gauche. Pour terminer la rotation et
vous lever en position debout, pliez le genou gauche et positionnez le genou droit à 90°. A
ce moment, utilisez l’élan de la rotation, mettez votre poids sur la plante du pied droit,
faites Tenkan en même temps, debout et vous positionnez-vous en Migi Hanmi pour avoir un
Ma-Ai suffisant qui prépare le prochain mouvement du partenaire. Par conséquent, lorsque
l’on pratique ce mouvement Zenpo Kaiten (chute avant), l’objectif devrait être de
l’effectuer très bas (en hateur) et très long (en distance).
Développer son regard pour différencier le vrai du faux
Au cœur de la pratique de l’aïkido, plus que toute autre chose, il y a un entraînement
rigoureux, une discipline du corps et de l’esprit afin de développer une Sagesse (art decomprendre). En cas de confrontation, les comportements de type bestial visant uniquement
à se protéger et à blesser l’adversaire doivent être évités à tout prix. Développer la
détermination à résoudre une situation conflictuelle avec omniscience et omnipotence, c’est-à-
dire en utilisant non seulement la technique mais en privilégiant l’intégralité des capacités et
de la sagesse de chacun. Cela s’appelle BUDOKORO (l’esprit de Budo). Il faut se rendre
compte que l’Aikido n’est ni plus ni moins que l’expression et l’incarnation de ce Budokoro.
YAMATO GOKORO : ce que préconise l’Aikido
Parce que l’Aikido comprend les éléments de BUGEI (techniques de combat), il est inévitable
que, parfois, le pratiquant d’Aïkido doive faire face à la possibilité et à la réalité des
circonstances conflictuelles. Si l’on sondait sérieusement et continuellement la réalité de se
retrouver face à face avec un adversaire dans une situation de confrontation où son existence
même est en jeu et si l’on essayait de reconnaître pleinement et ouvertement l’interrelation
entre soi et l’adversaire, cela amènerait à découvrir les techniques de combat les plus logiques
et les plus efficaces. Il est néanmoins vrai, aussi paradoxal que cela puisse paraître, qu’en
recherchant la perfection de ce principe, on arrive finalement à un état harmonieux, né de la
perception que peu importe sa force, on ne peut pas continuer d’exister si l’on essaie de
lutter contre toute existence.
C’est la Voie pour atteindre l’harmonie proposée par l’Aïkido. Il faut cependant garder à
l’esprit qu’il ne peut y avoir de Budo si l’on ne passe pas par un processus de transformation
personnelle qui commence par la confrontation pour aboutir à un état de non-confrontation.
Dans des conditions normales, les êtres vivants vivent en groupe. Une caractéristique
fondamentale de l’existence sociale est le développement de descriptions ou de comparaisons
relatives, par exemple, fort contre faible. Chaque être essaie d’utiliser au mieux ses qualités
individuelles à la lumière de ses forces et faiblesses relatives. Le processus qui a finalement
conduit au Budo a commencé par des efforts pour compenser la faiblesse en développant des
qualités spécifiques (vitesse, force, taille, facilité d’utilisation des armes). Par conséquent,
dans des conditions normales, vivre dans le monde conduit parfois à des situations de
confrontation et au développement de techniques de plus en plus efficaces pour y faire face ;
tout cela mène à comprendre qu’il y a toujours quelqu’un ou quelque chose de plus grand ou
de plus fort que soi. On se rend compte que la défense la plus efficace consiste à fusionner
avec l’adversaire et à en faire partie. C’est ainsi que le principe de confrontation évolue vers
le principe de non-confrontation. Yamato kokoro est l’idée que la raison du développement
des arts martiaux est de protéger ceux qui sont incapables de se protéger autrement.
L’adepte de cette philosophie se consacre au développement du Budo afin de protéger les
personnes pacifiques de la victoire de la cruauté et de la violence. Cette idée est au cœur del’Aïkido, parce qu’il contient une philosophie et des idées qui vont au-delà des arts martiaux
définis comme pratique de combat. Par conséquent, les arts martiaux sont inclus dans
l’Aikido, mais l’Aikido va au-delà des arts martiaux. L’Aikido représente l’idée que le Budo, le
principe de confrontation et le principe de non-confrontation peuvent être synthétisés sans
compromettre aucune de leurs essences fondamentales. Cependant, il est triste de constater
qu’une grande partie de ce que l’on appelle la pratique a compromis ces éléments.
Conclusion
Je pense vraiment qu’il est bon d’admirer et de louer la beauté du mouvement d’Aïkido et
l’harmonieuse stabilité produite par ses techniques avancées. Parce qu’il a l’air beau aux yeux
des spectateurs, parce qu’il a un côté artistique au travers duquel quelqu’un peut afficher sa
philosophie, l’Aikido a acquis une reconnaissance généralisée et s’est largement répandue dans
la société. En raison de son caractère unique, à savoir que ses techniques évitent la
confrontation et créent Unité et Harmonie, l’Aïkido a été accepté de par le monde et loué
comme le Budo de Wa, l’art martial de l’harmonie.
Certains, pour répondre à une demande sociale, vont jusqu’à présenter l’Aïkido comme
essentiellement Beau ! Bien que les mouvements le soient très souvent, il ne faut pas perdre
de vue sa véritable essence. Parce que nous nous sommes trop attachés à cette beauté, nous
avons tendance à en oublier son essence martiale. Je souhaite que chacun sache que la beauté
de l’Aïkido comme forme, n’est qu’une conséquence de son efficacité pratique dans les
relations conflictuelles qui surviennent inévitablement dans un système social. La justesse
plutôt que la beauté ! J’ai, toute ma vie, dépensé une énorme quantité d’énergie pour ne
pas perdre de vue la Voie de l’Aïkido.
Je ne fais que cela : si l’on regarde attentivement l’essence du Budo, on reconnaîtra sans
aucun doute que l’Aikido n’est pas un sport de fantaisie. Je souhaite que les pratiquants
n’oublient pas de regarder l’Aikido avec les « yeux » du Budo, c’est d’une importance
capitale pour leur évolution.
1 Bugei: méthode de combat. De Bu martial et Gei Art. Désigne des ensembles de techniques
utilisées par les guerriers (bushi) dès le haut moyen âge japonais, strictement étudiées et
codifiées. Peu à peu la manière de combattre inclut des concepts stratégiques et tactiques
autres
qu’individuels.
Le
bugei
deveint
« budo »
lorsque
influenceront les techniques. Encyclopédie des Arts.Martiaux
les
préoccupations
éthiques
2 « Une technique efficace n’est pas forcément juste mais une technique juste est toujours
efficace » Tamura senseï

 

 

 

Les stages en Languedoc-Roussillon
http://www.lr-aikido-ffab.fr/?q=stages


Le site de la Région


Le site de la fédération nationale FFAB


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